Philips Videopac : La console Européenne du début des 80’s !

ANNEES 80, 80's, eighties, retrogaming, videopac, philips, console, jeux, informatique, vidéopac, souvenirs, trentenaires, nostalgie, geekPoursuivons notre redécouverte des anciennes consoles de jeux vidéo. Oui, celles avec les prises coaxiales, et le réglage manuel sur la vielle télé ! Aujourd’hui, nous allons européaniser les débats, puisque le constructeur néerlandais Philips, et sa console le Vidéopac, sont mis à l’honneur.

 

 Même si le Videopac est le parent pauvre des vieilles consoles, par ses piètres performances et son absence de succès en dehors des frontières européennes, cette machine méritait un article bien à elle, au vu de son concept marketing assez intéressant.

 

 Revenons un peu en arrière, voulez-vous … vous souvenez-vous du constructeur Magnavox, qui avait sorti la console Odyssey en 1972 ? Mais si, on en parle dans l’article sur le Pong … A l’époque, Magnavox fut ridiculisé par Atari et son mythique PONG, et choisit rapidement d’oublier l’expérience. Mais ça, c’était juste avant de se faire racheter par Philips à la fin des années 70. Tadam ! 1er rebondissement ! Laughing

 

ANNEES 80, 80's, eighties, retrogaming, videopac, philips, console, jeux, informatique, vidéopac, souvenirs, trentenaires, nostalgie, geekChez Philips, on n’a pas abandonné l’idée de sortir une console attrayante et innovante, et on va donc utiliser les ingénieurs fraîchement rachetés de Magnavox à cet escient. Auréolé du succès d’estime et de notoriété de sa console “Vidéojeu” (une copie de Pong, voire photo ci-contre), Philips, à défaut d’avoir une expérience solide, possède donc une certaine légitimité dans le domaine.

 

 Alléché par les projets de Fairchild et d’Atari, la firme batave se lance à son tour dans la conception d’une machine similaire. En 1978, soit moins d’un an après le débarquement de la VCS d’Atari, Philips lance le Videopac !

 

 (Hurlement de la foule) OUAIIIIISSSSS !!!!!!

 

Ne vous réjouissez pas si vite, ses jeux sont tout pourris ! (Déception de la foule)

 

 OOOOooohhhhhhh !!!!!!!

 

Bah oui, désolé pour la douche froide, ex-foule en délire, mais si vous vouliez du grand frisson, faudra attendre encore un peu. En 1978, l’engin propose tout de même des jeux innovants par rapport aux Pong, et surtout un look très sympa, avec son clavier (qui ne sert à rien ! Wink ) Mais le problème, c’est qu’il est déjà dépassé, surpassé et trépassé au moment même où il sort dans le commerce.

 

 ANNEES 80, 80's, eighties, retrogaming, videopac, philips, console, jeux, informatique, vidéopac, souvenirs, trentenaires, nostalgie, geekCette console, en effet, ne tient absolument pas la comparaison avec sa rivale Atari. Un petit coup d’œil sur la photo du jeu de voiture (ci-contre) suffit à nous convaincre. La faute (entre autre) à un simple microcontrôleur, au lieu d’un microprocesseur (qui fait des merveilles sur la VCS).

 

 Pour les non-initié(e)s, cette différence de matériel au cœur-même de la machine est primordiale, car elle agit sur les performances, et sur la variété des animations, des bruitages, bref, sur l’originalité des jeux.

 

 Sur le Videopac, les sons et les sprites (les personnages, si vous préférez) sont prédéfinis et stockés dans la mémoire de la machine. Le résultat : sur les autres consoles, les programmeurs pouvaient se faire plaisir et proposer des personnages et des sons propres à chaque jeu. Sur le Videopac, bah forcément, l’impression de déjà-vu ou déjà-entendu se répétait quasiment à chaque lancement d’un nouveau jeu. On se lassait ainsi beaucoup plus vite.

 

 ANNEES 80, 80's, eighties, retrogaming, videopac, philips, console, jeux, informatique, vidéopac, souvenirs, trentenaires, nostalgie, geekEnfin, les performances de la machine ne permettaient quasiment aucun décor, là où Atari essayait au moins de reproduire des ambiances. Vous trouvez que je m’acharne, à vouloir à tout prix comparer ces deux machines ? Mais il s’agit d’une étape incontournable : en 1978, l’influence d’Atari sur le vidéoludisme est telle que chaque machine qui voit le jour se doit d’être mesurée à la Reine, et gare à la déception si les pubs à la télé s’avèrent trompeuses, ou si le flacon est trop beau pour en avoir l’ivresse. Tiens, en parlant de pub, voici donc un savoureux spot de 1982, pour la promotion du Videopac :

 

 

La publicité est attrayante, car elle nous plonge dans des univers bien différents, le pilotage, le sport, la guerre des étoiles … Mais quand on regarde ce qu’il se passe sur l’écran, on est plus proche du Minitel que de la réalité virtuelle …

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Pour la jouabilité, en revanche, certains jeux sont assez rigolos, voire très plaisants. Mes préférés sont le jeu de ski, dont le personnage est très maniable, et le jeu de tremplin, assez amusant à condition d’y jouer à 2. L’attrait des jeux Videopac résulte donc plus dans le côté attachant des ces jeux innocents, que dans leurs prouesses techniques.

 

 ANNEES 80, 80's, eighties, retrogaming, videopac, philips, console, jeux, informatique, vidéopac, souvenirs, trentenaires, nostalgie, geekAutre atout qui joue bigrement en faveur du Videpoac : Philips ne tarde pas à le sortir en version “Toutes options”, avec clavier et écran noir et blanc intégré, qui permet aux têtes blondes d’y jouer sans déranger les parents. Ces derniers peuvent ainsi regarder peinards les Jeux de Vingt Heures. OK, cette version est bien plus chère, mais elle séduit quelques parents qui, de plus, ont l’impression d’acheter un véritable ordinateur à leur progéniture.

 

 Du bon, donc, mais aussi beaucoup de superflu, voire de la déception. Une fois passée la joie d’avoir cette bécane à la maison, la frustration est importante face à ce clavier totalement inutile, si ce n’est pour les rares jeux éducatifs, et une cartouche de programmation.

 

 Les jeux, eux, ne sont pas tous à la hauteur (surtout quand le voisin vous nargue avec son Atari). Autre problème : n’étant pas une console américaine, et encore moins japonaise, Philips ne peut pas compter sur l’achat de licences attrayantes pour rendre sa collection de jeux plus sexy.

 

 ANNEES 80, 80's, eighties, retrogaming, videopac, philips, console, jeux, informatique, vidéopac, souvenirs, trentenaires, nostalgie, geekAu lieu de Pac Man, ce sera “Super Glouton”, et au lieu de Space Invaders, ce sera “Space Monster”. Ce sont peut-être des détails, mais Philips ne pourra pas s’appuyer sur les grands noms de l’arcade pour imposer sa console, et devra se contenter de ces jeux “à peu près ressemblants”.

 

 Et comme quoi tout fout le camp ma p’tite dame, le joueur un peu vicelard ne pourra même pas se réfugier derrière un bon vieux jeu cochon de derrière les fagots, comme on pouvait en trouver sur Atari … je veux bien avoir de l’imagination, mais là, fallait vraiment avoir un problème pour imaginer un gars à poil faire le coup de la brouette tonkinoise à partir de pixels tout carrés et de caractères prédéfinis Wink

 

 ANNEES 80, 80's, eighties, retrogaming, videopac, philips, console, jeux, informatique, vidéopac, souvenirs, trentenaires, nostalgie, geekComme on pouvait le pressentir, le succès de cette console sera assez relatif. Aux USA, la société conserve le nom de Magnavox Odyssey 2, qui jouissait d’une renommée datant de la génération des Pong. C’est également sous ce nom qu’elle sera vendue au Japon. Ce qui ne permettra pas d’exploser les scores …

 

 Une curiosité marketing assez intéressante : afin de faire passer le Videopac pour un standard, Philips a fait fabriquer les mêmes consoles par les différentes marques de son groupe. Vous trouverez ainsi des Videopac commercialisés par Schneider ou Radiola. Philips a même cédé la licence au groupe Thomson, qui commercialisera à son tour des consoles « Jopac », et ses cartouches compatibles.

 

 En 1984, le Videopac + vient redorer le blason de la console, permet des décors plus évolués, et peut enfin rivaliser avec la console Atari (HHHAAAAAaaaaa !!!!!). Pas de bol, c’est trop tard, les consoles de nouvelle génération sont sorties (OOooohhhhhhh !!!).

 

 Elle sera commercialisée jusqu’en 1983 dans sa version initiale, et on trouvera dans les rayons des magasins des Videopac + jusqu’en 1986. L’arrivée de nouvelles machines plus puissantes aura raison de sa longévité, et Philips décida que les salaires de ses ingénieurs seraient bien plus utiles à la conception d’ordinateurs, en particulier le VG 5000, ou le MSX.

 

ANNEES 80, 80's, eighties, retrogaming, videopac, philips, console, jeux, informatique, vidéopac, souvenirs, trentenaires, nostalgie, geekJe n’ai pas possédé cette console, ce qui peut expliquer le cruel manque de souvenirs personnels dans cet article, dont je te sais pourtant particulièrement friand, cher lecteur. A vrai dire, personne dans mon entourage n’a pu me la faire découvrir à l’époque. Comme les trois quarts des jeunots, pour moi, c’était la console Atari.

 

 Ceci dit, j’en ai récupéré une il y a quelques années, et je m’amuse de temps en temps avec, mais on fait quand même vite le tour. Mais à l’époque, j’imagine bien qu’un gamin qui posséda cette machine n’eut point à se forcer pour passer des heures et des heures dessus.

 

 La console ne s’est quand même pas trop mal vendue en Europe (toutes proportions gardées), ce qui fait qu’on peut à présent en dénicher à des prix corrects. Sa mécanique étant de plus robuste et résistante, l’état est souvent très convenable. Bien qu’elle reste une console bien méconnue, derrière les hautes performances du trio Atari-Intellivision-Colecovision, et l’originale Vectrex, son esthétique à part, et son obsolescence quasi-record font qu’on s’y attache, et qu’on la ressort de temps en temps des placards avec le même plaisir !

 

Et pour un dossier technique complet et fort agréable à lire, plein d’humour, voici la chronique Videopac de nos amis de Grospixels ! 

 

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