Le feuilleton “Le Vagabond” !

Si vous aviez pris la résolution de ne plus vous émouvoir face à vos souvenirs d’enfance, cela va être très difficile de tenir votre promesse avec cet article aux bonnes odeurs de madeleine ! Le Vagabond reste l’un des souvenirs les plus émouvants de notre jeunesse ! Flashback sur ce feuilleton à succès des années 80 !

Je vais vous faire une confidence : je n’aime pas pleurer tout seul. Mais je n’ai rien contre le fait de verser quelques larmes d’émotion, lorsqu’un doux souvenir de mon enfance refait surface au moment où je ne m’y attends pas. Souvent, c’est le même rituel : les images ou la musique s’offrent à vous, une bouffée de souvenirs doux et sucrés vous inonde, et vous sentez vos yeux s’embuer petit à petit de ce qu’on appelle une madeleine de Proust. Et ça, je n’aime pas le vivre tout seul. 😉

Pour moi, pas de doute, la célèbre expression “Madeleine de Proust” a été inventée pour “Le Vagabond”. Cette série et son générique inoubliable sont tellement liés à notre enfance croque-vacancienne qu’il est difficile de réprimer un petit frisson en contemplant l’image de ce bon toutou rassurant. Si bien qu’il est fréquent qu’après des années passées sans voir ce générique (comprenez par là des années sans Internet), le redécouvrir entraîne bien des émotions, et même quelques larmes. Votre serviteur en est un parfait exemple, et comme il n’aime pas être seul dans ces moments, il n’y a pas de raison qu’il ne partage pas ces instants avec vous.

Le vagabond est une série télé canadienne qui met en scène un chien, se promenant de ville en ville. Très rapidement, on s’aperçoit que ce chien possède des capacités intellectuelles hors du commun. Au fil de ses balades, il est ainsi amené à rencontrer de nombreuses personnes, s’en faisant le plus souvent des amis, et les aidant à résoudre de gros problèmes. Une fois sa mission accomplie, invariablement, il repart vers d’autres destinations, refusant de céder à la facilité de se faire adopter par les humains.

Vous l’avez compris, le personnage principal et seul héros de ce show est le chien, le plus souvent décrit comme un berger allemand au pelage noir et blanc, avec des airs de malamute ou de husky. Difficile de mettre tout le monde d’accord quant à la race précise de ce mammifère canin. De toute façon, je m’en suis toujours foutu … pour moi, cette race de chien était un Vagabond, point. Contrairement à Lassie ou à Rintintin, l’originalité de la série tenait dans le fait que le Vagabond (fréquemment appelé “Hobo” en VO) était le seul personnage récurrent de la série.

 

Les autres acteurs n’apparaissaient jamais plus que dans un ou deux épisodes, et étaient pour la plupart des inconnus. Ce qui n’empêcha pas quelques artistes renommés de faire une apparition, tels Leslie Nielsen, Patrick MacNee ou John Carradine . A noter également la première apparition télévisuelle d’un certain Mike Myers, un ado de 16 ans, que l’on retrouvera plus tard dans le rôle de … Wayne de “Wayne’s World”, ou dans Austin Powers.

Mais la vedette, le seul personnage pour lequel on se prend d’affection, c’est ce Vagabond.

Cette série fut créée en 1979. Ou plutôt recréée. Car une première version, reprenant le même principe, avait vu le jour en 1963, toujours au pays du sirop d’érable. Cette première série, diffusée en France à partir de 1966, était en noir et blanc (ce qui ne dérangeait personne vu la couleur du toutou ;)), et racontait déjà les aventures d’un chien errant de ville en ville pour filer un coup de papattes aux autochtones dans le besoin. Si on veut remonter un peu plus l’arbre généalogique, on trouve même l’idée originale dans un film de 1958, portant le même nom en VO, “The Littlest Hobo”.

En résumé, quand les scénaristes se décident à produire cette série, l’idée est tout sauf nouvelle. Mais elle est toujours aussi magique. Durant 6 saisons et 114 épisodes, de 1979 à 1985, le Vagabond émerveillera des milliers de gosses, admiratifs devant leur écran face aux prouesses de ce génial quadrupède. Oui, la cible était clairement le jeune public.

 

D’une part car il fallait forcément être jeune, ou naïf, ou les deux, pour se persuader que l’intelligence du Vagabond était réellement prodigieuse et ne résultait pas d’un efficace dressage (rendez-vous compte, il sait lire, compter, sauter en parachute, et même démarrer une voiture !). ^^

Et d’autre part car la réalisation est relativement pauvre. Le tournage se fait au format “vidéo bon marché” propre aux soap-operas, et non sous un format cinématographique, la bande son est rudimentaire, à savoir peu de bruitages réalistes, très peu de musique d’ambiance, et des doublages approximatifs.

Mais quand on a 8 ans, quelle importance ? Ce qu’on veut, c’est un chien qui sauve des vies, qui met les brigands sous les verrous, et qui protège la veuve et l’orphelin. On s’en fiche que les lèvres ne soient pas super synchros avec les paroles, ou si les aboiements sonnent faux.

C’est pour cela qu’avec un budget je pense fort limité, Le Vagabond est parvenu à obtenir un capital sympathie que bien des séries à gros sous auraient aimé avoir. En France, il pointa le bout de sa truffe en décembre 1981, via l’émission “Les Visiteurs de Noël” sur TF1. Puis l’émission “Croque Vacances” prit le relais dans les années 80. Les rediffusions ne furent pas nombreuses, mais la série ne tomba pas aux oubliettes avant le milieu des années 90, ce qui est tout de même une belle reconnaissance.

Et sinon, ce générique … Quelle petite merveille ! Lui seul a su faire aimer la série, avec ses petits accents folks banjoiens, son petit sifflement de début, et sa voix chaude qui nous dit qu'”Il est une voix, qui m’appelle, et m’attire …”. Attention, pour les rares personnes qui n’ont pas revu ce générique depuis l’enfance, ça fait tout drôle aux yeux. Le voici :

 


Ce générique est une des premières images que j’ai recherché sur Internet, lorsque les vidéos en ligne ont commencé à pulluler. Et je n’ai pas pu m’empêcher d’être ému comme ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps … Heureusement, il est identique en VO, VF et dans d’autres langues. Heureusement, il a échappé à la fâcheuse habitude de recomposer des génériques, voire pire, les confier à Eric Charden. Et il colle tellement bien à l’esprit de la série …

Histoire de casser un peu le charme quand même, il est intéressant de noter que notre Vagabond avait un point commun avec Saturnin, le petit caneton. Non, pas la couleur, bande de nuls. Mais tout simplement parce que comme dans Saturnin, plusieurs animaux étaient utilisés pour le tournage.

Officiellement, London était le nom réel du chien vedette. Mais il y avait plusieurs London (le nombre reste indéterminé, mais ils auraient été à priori une demi-douzaine). Les différents toutous, tous extrêmement bien dressés, étaient utilisés en fonction de leurs capacités : l’un était plus à l’aise pour porter des objets, un autre pour courir selon un parcours bien précis, un autre pour aboyer en cadence, etc … Mais même si on connait ce petit secret de tournage, le plaisir reste totalement intact en regardant les épisodes.

Les toutous étaient dressés par un éleveur qui a acquis une renommée mondiale, tant et si bien qu’il a ensuite sorti une quantité de livres et de vidéos sur comment bien éduquer un chien.

Il s’agit de Chuck Eisenmann, dont les canidés ont aussi été utilisés pour la série des années 60. Il apparait même qu’un chien figurant dans la série de 1979 était le petit fils du London des années 60. Et oui, quand on est doué, c’est de père en fils !! 😀

Retrouver les aventures de London et du Vagabond était un grand plaisir, et même plus : un rituel ! Pour rien au monde je n’aurais manqué un épisode. Voir les exploits du toutou était un de mes rendez-vous quotidiens favoris des vacances. Quelquefois, c’était même un peu désespérant, faut reconnaître. Car bien que j’aime énooooormément mon berger allemand à moi que j’avais quand j’étais petit, bah … niveau dressage et obéissance, il tenait difficilement la comparaison avec notre Vagabond … Mais bon, ça n’empêchait pas de l’aimer !

 

Comme j’aurais aimé à l’époque posséder quelques produits dérivés de ce brave toutou … Mais malheureusement, à ma connaissance, et après de longues recherches, aucun merchandising n’est sorti en rapport avec cette série, si on excepte les livres de Monsieur Eisenmann sur “Comment transformer votre clébard en physicien thermonucléaire”.

Pourtant, je suis sûr que nombre de mômes ébahis auraient aimé posséder un souvenir du Vagabond. Je sais pas, moi, une peluche, un album à vignettes, des posters … Mais non, rien, que dalle. Le Vagabond s’est visiblement limité à être une série TV, à budget modeste, sans marketing, comme si personne n’avait cru au potentiel de cette série.

Même les DVD restent introuvables en France. Ils sont disponibles en Amérique du Nord et au Royaume Uni, mais uniquement dans la langue de Chuck Norris. Si vous voulez revoir des épisodes en français, vous devrez vous contenter de quelques vidéos en ligne …

En attendant, savourons les souvenirs de ce feuilleton qui a marqué une génération d’enfants, avec un des plus émouvants génériques qui ait pu être composés pour une série dite “animalière” … et qui à chaque fois qu’on l’écoute, nous transporte vers ces instants d’insouciance, où la vie était simple, les enfants heureux, et les toutous surdoués.

« Il se peut qu’un beau jour, je me repose enfin … Jusqu’à ce jour, je poursuis mon parcours » … Je vous avais prévenu, je n’aime pas pleurer tout seul ! 😉

 

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