Les expressions oubliées des Années 80 ! (Volume 2)

Devant votre enthousiasme et vos commentaires suite au premier volume des expressions oubliées des années 80, nous voici de retour avec une nouvelle fournée d’expressions qui malheureusement n’ont (presque) plus court de nos jours ! Nous espérons que cette nouvelle salve vous remémorera autant de souvenirs que la première. Surtout n’hésitez pas à nous aider à continuer ce travail de sauvegarde du langage de notre jeunesse !

“J’ai pas (encore) fait développer ma pellicule”

 

Dans les années 80, les appareils photos s’appelaient déjà des appareils photos. Mais c’est à peu près la seule chose en commun avec les appareils actuels.

 

A l’époque seuls les appareils photos faisaient appareils photos. Je veux bien que de nos jours, n’importe quel téléphone, baladeur ou vibromasseur peut prendre des clichés, mais au siècle dernier, ça ne serait pas venu à l’esprit d’un fabricant d’inclure la fonction “Appareil photo” dans un appareil vendu pour une autre utilisation.

 

Les téléphones servaient à téléphoner, les consoles de jeux à jouer, et les caméscopes à camescoper. Point. Et quand bien même un constructeur ait eut l’idée d’intégrer cette fonction dans sa montre ou son grille-pain, il se heurtait à un problème de place. Car à l’époque, les APN (Appareils Photo Numériques) étaient plutôt des APV (Appareils Photo Volumineux).

 

La faute à un support indispensable pour figer les photos : la pellicule, dont la principale contrainte était la capacité restreinte. Les stockages de photos ne se comptaient pas par milliers comme avec nos actuelles cartes SD surdimensionnées, ni même en centaines … mais en unités. Entre 12 et 36 selon les modèles et les formats. Oui, vous avez bien lu.

 

Mais la photographie provoquait à l’époque une excitation et un effet de surprise : on ne savait ce que ça allait donner qu’après le développement.

 

Forcément, avec tant de changement dans notre manière de prendre des clichés, un grand nombre de phrases usuelles des photographes du dimanche ont disparu de notre langage, comme :

 

– ça a donné quoi les photos de la soirée “Picon-Tang” chez Max et Tommy ? – Je sais pas, je ne suis pas encore allé les faire développer !”

– Attention, bougez pas, faut pas la louper, j’arrive en fin de pelloche !

– Souriez, le petit oiseau va sortir !! (si quelqu’un peut m’expliquer l’origine de cette expression con comme une valise, je lui serais reconnaissant)

 

Et surtout le fameux : “- Je te prendrais bien en photo avec ton joli tutu rose et ton chapeau de paille, mais je n’ai plus de pellicule”

 

Equivalents 21ème siècle : “Désolé, je ne peux pas prendre une 5874ème photo de ton géranium, ma carte SD est pleine, et pourtant c’est une 16 Go”

“Tu penses bien à prendre chaque photo en triple, hein, comme ça on gardera la meilleure !”

 

“Tu peux changer de chaîne, tant que tu es debout ?”

 

Dans les années 80, regarder la télévision n’était pas forcément de tout repos. Je dirais même que les téléspectateurs souhaitant s’adonner au zapping ne devaient ménager ni leurs efforts, ni leurs muscles fessiers. Et Pourquoi donc ?

 

Eh bien parce que dans les années 80, toutes les télévisions ne possédaient pas de télécommande. Toutes les commandes se trouvaient donc sur la façade de la télévision : l’indispensable “ON/OFF”, les boutons des chaînes, le curseur du volume, la molette de réglage des canaux, la couleur, le contraste, etc … Concrètement, ça voulait dire que si quelque chose ne vous convenait pas sur la télé, il fallait se bouger. Et ce pour TOUTES les modifications souhaitées. Le son était trop faible ? Fallait se lever. Votre émission préférée passait sur la 1 ? Fallait encore se lever.

 

Au bout de quelques heures, regarder la télévision était aussi efficace sur l’organisme qu’une séance de Gym Tonic. Et quand on devenait flemmard au point de ne plus vouloir se lever pour changer de nouveau le programme, on profitait que (au choix) la maman / le petit frère / la voisine / la grand-tante Simone / toute autre personne passe devant la télé pour demander, ou plutôt supplier : “Tiens, tant que tu es debout … tu peux pas changer de chaîne, s’teuplé ?”

 

Requête à double tranchant : soit la personne s’exécutait gentiment et pressait le bouton correspondant au programme désiré … soit vous aviez droit à une remontrance du style : « – Ouais ben ça va, tu peux t’lever quand même, j’suis pas ta bonniche ! »

 

En général, on regrettait très vite d’avoir osé demandé ce service … on avait droit à toutes les rancœurs familiales, alors qu’à la base, on voulait juste zapper tranquilou de Croque Vacances à Récré A2 … C’est là qu’on se dit que l’inventeur de la télécommande a plus fait pour la paix des ménages que n’importe quel psychologue …

 

Équivalent années 90 : “Tiens, tu peux me lancer la zapette, je l’ai oubliée dans la cuisine ?”

Équivalent 2020 : Néant : très bientôt, toutes les télés obéiront à la voix de leur maître … plus besoin de zapette, quelques cordes vocales en bon état suffiront.

 

“Tu veux pas 100 balles et 1 Mars ?”

 

Dans les années 80, il existait quelques expressions qui permettaient d’envoyer bouler les camarades qui vous demandaient des services insensés, ou des sacrifices trop importants.

 

Bien sûr, on pouvait répondre “Désolé, cher camarade, je ne puis accorder une suite favorable à ta requête, tes exigences dépassant de loin le cadre de mes possibilités”. Mais quand on a une dizaine d’années, le vocabulaire diplomatique n’est pas forcément fourni dans le kit du parfait petit caïd de la récré … alors on choisissait une réplique plus adaptée à l’air du temps. La plus courante était : “Non mais ça va pas, tu veux pas 100 balles et un Mars ?” Décryptage.

 

“100 balles” était une expression extrêmement utilisée chez les jeunes et les moins jeunes. Elle vient de l’époque où chaque pays européen avait une monnaie bien à lui. Chez nous, c’était les Francs.

 

Le Franc était une monnaie étrange, qui permettait de remplir un sac de bonbons avec seulement quelques pièces. Chose complètement insensée aujourd’hui. Souvent, on appelait affectueusement ces francs “des balles”. ça nous vient de l’argot.

 

L’expression “T’as pas 100 balles ?” est donc rentrée dans le langage courant. Selon les usages et les circonstances, “100 balles” représentent soit un billet de cent francs, soit une jolie petite pièce grise de 1 francs, sollicitée par les mendiants ou les punks à la sortie de la gare.

 

Mais pour un enfant des années 80, ne serait-ce que un franc, c’est pas rien. Et 100 balles et un mars, c’est donc un véritable petit trésor ! Voilà pourquoi les mômes employaient cette expression, car elle englobait 2 notions sacrées : la bouffe et l’argent.

 Equivalent 1990 : Néant : seule l’arrivée de l’Euro a eu raison de cette sympathique expression

Equivalent 21ème siècle : “Nan mais tu veux pas également 15 centimes d’euros, accompagnés d’une barre chocolatée dont je dois taire le nom sous peine de me faire attaquer pour publicité clandestine ? De plus, avoir parlé de chocolat juste avant m’oblige à t’indiquer que tu ne dois pas manger trop gras, trop salé et trop sucré, et en profiter pour manger 5 fruits et légumes par jour. Et toc !”

 

“Qui c’est le con qui n’a pas rembobiné la cassette ????!!!!”

 

Allons, allons, un peu de calme, voyons, y a des enfants dans les parages, y a pas besoin d’être si grossier !

 

N’empêche  que bon, c’était archi-pénible, ces personnes indélicates qui regardaient des vidéos, et qui, une fois le film terminé, éjectaient directement la cassette sans la rembobiner.

 

Eh oui, dans les années 80, pour conserver les enregistrements, on utilisait une cassette vidéo, un support analogique qui prenait beaucoup de place. Genre une cassette entière pour stocker un film ou une émission.

 

Et malheureusement, sur les magnétoscopes, il n’y avait pas moyen de revenir au début du film comme par magie, par le simple appui d’une touche. Il fallait procéder au fastidieux rembobinage, c’est à dire appuyer sur la touche STOP, puis sur la touche << , et attendre que Madame la bande magnétique veuille bien revenir à sa position initiale.

 

Plus la durée de la cassette était importante, et plus ce rembobinage était long. Et bien souvent, après un film, soit on oubliait de rembobiner la cassette … soit on avait la flemme d’attendre, et on rangeait ladite cassette dans son boîtier, en espérant ne pas se faire choper par les parents ou le grand frère maniaque.

 

Résultat : quand on voulait regarder à notre tour la cassette, souvent on devait au préalable se taper le rembobinage. Et là, une grosse colère retentissait dans la maison, assaisonnée de quelques jurons bien sentis envers le flemmard qui n’avait pas rembobiné la cassette.

 

Et je ne vous raconte même pas la lassitude des vidéo-clubs, qui devaient trèèèèès souvent procéder eux-mêmes à des dizaines de rembobinages par jour devant le peu de civilité de certains clients.

 

Equivalent 21ème siècle : “C ki le boloss qui n’a pas rangé le DVD dans son boitier ?”

 

“Franchement, sur ce disque, la Face B est meilleure que la Face A”

 

Face B, Face A … Qu’est-ce que c’est que ça ? Sur un disque en plus ?

 

Et oui, cher lecteur jeune et innocent, dans les années 80, les disques musicaux pouvaient se lire des deux côtés ! Nous écoutions nos chansons favorites sur des disques en PVC noir, appelés “Disques Vinyles”.

 

Le 45 Tours était l’ancêtre du single, cette chanson qui se veut populaire, et dont tout artiste rêve qu’elle passe en boucle à la radio ou chez Danielle Gilbert pour vendre des palettes entières de disques. La chanson phare était “gravée” sur la Face A du 45 tours. Et sur la Face B, en général, c’était une chanson bouche-trou, une chute de studio ou un délire expérimental créé par l’artiste alors qu’il essayait de mélanger du Paic Citron à sa 16ème Vodka-Martini, pour voir si cela stimulait son énergie créatrice.

 

Vous l’aurez compris, la Face B servait à faire du remplissage. Et encore, parfois (quand il n’y avait plus de Paic Citron), la Face B ne contenait que la version instrumentale de la Face A, une sorte de karaoké avant l’heure en fait.

 

Cependant, il existait des exceptions qui confirmaient la règle : certaines chansons de Face B s’avéraient bien meilleures que la Face A. En général, ça avait le don de vexer les chanteurs quand la Face B passait à la radio, alors que le public boudait la Face A.

 

Le compositeur s’estimait alors incompris, et déclarait que le disque n’avait pas rencontré son public, ou que le marché n’était pas assez mature pour capter la quintessence de son message. Parce que bien sûr, ça coûtait trop cher en fierté de reconnaître qu’il avait enregistrée une sombre bouse qui ne méritait même pas de passer chez Collaro.

 

Pour parler de ces cas particuliers dans l’industrie musicale, on évitait de dire que “Untel a sorti une chanson pourrie”. On préférait gentiment dire “La Face B de ce disque est bien meilleure que la Face A”. Always look on the bright side of life …

 

Equivalent 1990 : “Le second titre de ce CD-Single est meilleur que le premier”

Equivalent 21ème siècle : “Je regrette pas la promo d’I-Tunes “1 titre téléchargé légalement, le second offert”, car le deuxième c’est trop d’la balle LOL!”

Si vous avez raté le premier épisode de nos expressions oubliées des années 80, voici le lien

Et voici le lien vers le 3ème volet !!

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