L’homme qui valait 3 milliards !

La série bionique de notre jeunesse !

Années : 1973 à 1978

Une fois encore, on s’écarte un peu des années 80. Mais on est dans un contexte déjà vu : parler d’un film ou autre évènement antérieur aux eighties, mais qu’on a vu et apprécié dans cette période. Alors une fois encore, je vous demande d’être indulgents… et de profiter de la lecture ! 🙂

 

Les origines

Avant toute chose, je dois vous parler de Martin Caidin. C’est un auteur américain (1927-1997), mais également un pilote d’essai qui a rejoint le projet de la conquête spatiale américaine en 1955. Il est considéré comme un expert dans le domaine aérospatial. Ses lectures sur l’armée de l’air et l’aéronautique le conduisent à écrire son premier roman : The Long Night en 1956.

La liste de ses récits est impressionnante (vous la trouverez ici) : 46 romans, 36 récits militaires. Hélas, très peu de ses livres sont traduits en français ; on peut quand même citer :
– Marooned (1964), connu en France sous le titre SOS Mercury VI (1965) ; le réalisateur John Sturges en tira un film en 1970 : Les naufragés de l’espace, avec Gregory Peck, Richard Crenna, David Janssen, James Franciscus et Gene Hackman (du beau monde, quoi).
– The Final Countdown (1980), connu chez nous comme Nimitz, retour vers l’enfer (je suis sûr que ça, au moins, ça vous dit quelque chose !) ; la même année sortit le film éponyme, réalisé par Don Taylor, avec Kirk Douglas, Martin Sheen, Katharine Ross, James Farentino et Ron O’Neal (encore du beau monde). C’est un film que je regarde régulièrement, pour – entre autres – ses superbes chorégraphies entre les Zéros japonais et les F-14 Tomcat de la Navy. Mais le roman est encore plus passionnant que le film, et je vous le conseille très chaudement.

Il existe un autre roman que Martin Caidin a écrit en 1972 : Cyborg, qui est paru en France en 1975. Dans ce roman de science-fiction, Martin Caidin raconte comment Steve Austin, ancien astronaute devenu pilote d’essai, s’écrase après la perte de contrôle de son appareil. Gravement blessé (jambes en miettes, bras gauche sectionné, multiples fractures en d’innombrables endroits, œil gauche inutilisable, et je m’arrête là parce qu’il y a encore bien des dégâts), il devient – au départ à son corps défendant – le cobaye d’une nouvelle technologie : la bionique. Grâce à son ami le docteur Rudy Wells, cette science permet à Steve de retrouver des organes impossibles à différencier des vrais mais bien plus puissants : deux jambes, un bras, et un faux œil dont la moindre des fonctions est d’adapter ses mouvements sur le vrai. Le livre raconte son premier refus des prothèses, puis son combat d’abord pour les maîtriser, et ensuite pour se retrouver en tant qu’homme, ce qui lui permet d’accepter sa condition de cyborg et les fantastiques capacités qui vont avec.

Martin Caidin a un style assez surprenant. Malgré des pages de détails techniques concernant l’anatomie humaine, les technologies bioniques, et les connexions entre les deux, l’auteur arrive à rendre la lecture passionnante. Dans la plus grande partie du livre, on se plonge dans les explications que le docteur Wells fait à Steve de ce qui lui est arrivé pendant l’accident, puis de ce qu’on lui fait pour le “réparer”. On comprend les réactions de Steve qui au début se retrouve devant le fait accompli (on a pris la décision de l’utiliser dans le projet “Cyborg” pendant qu’il était inconscient), et qui change progressivement d’attitude devant les miracles réalisés. Quant au reste du livre, il s’agit de ses premières missions pour le Bureau des Opérations Spéciales dirigé par Oscar Goldman.

Je terminerai cette partie en vous indiquant que Cyborg sera suivi de trois autres livres narrant les exploits de Steve Austin : Operation Nuke (1973), High Crystal (1974) et Cyborg IV (1975). Ces livres sont hélas inédits en France.

 

L’épisode-pilote et  la série télé

À sa sortie, le roman Cyborg est un best-seller. Ce qui intéresse les producteurs télé, bien évidemment : ils décident d’une adaptation télévisée. Ce sont Harve Bennett (Star Trekl’Homme Invisible) et Kenneth Johnson (qui sera à l’origine de Super Jaimie et plus tard de V) qui s’en chargent, pour le compte de la chaîne américaine ABC. Il y aura d’autres producteurs par la suite, dont Fred Freiberger (à qui l’on doit le désastre de la 2ème saison de Cosmos 1999).

Série l'homme qui valait 3 milliards bionique années 80

Il est décidé que la série s’appellera The six million dollar man et sera traduite chez nous en L’homme qui valait trois milliards. Pourquoi autant ? Tout simplement parce qu’à l’époque, 6 millions de dollars valaient approximativement 30 millions de francs, soit trois milliards d’anciens francs… Anciens francs ? Hé oui, le “nouveau franc” datait de 1960 et valait 100 “anciens francs” ; ceux qui étaient nés avant cette refonte monétaire avaient l’habitude de ramener les grosses sommes en “anciens francs” pour mieux se rendre compte du montant.

Pour la petite histoire, si la série était produite aujourd’hui, Steve Austin ne coûterait “que” 5 millions (d’euros), comme quoi tout change. 😉

L’épisode-pilote de 90 minutes, diffusé en mars 1973, est une adaptation assez moyenne du roman. Comme dans le livre, on y raconte l’accident de Steve Austin (joué par Lee Majors) et sa “reconstruction” pour en faire un agent au service du gouvernement. Mais de nombreux changements sont faits : pour la première partie de l’histoire, on garde l’essentiel, mais c’est relativement mou, et si on montre bien le repli sur lui-même de Steve au début, ça manque de profondeur ; quant à la deuxième partie, c’est une mission qui n’a rien à voir avec celles du livre, même si elle commence à mettre les possibilités de Steve en valeur. De plus, Oscar Goldman est remplacé par Oliver Spencer (incarné par Garren McGavin) qui n’hésite pas à mettre sciemment Steve en danger, chose totalement contraire aux objectifs d’Oscar Goldman dans le roman.

Cet épisode pilote a néanmoins du succès, et deux autres épisodes de même longueur sont commandés en octobre et novembre 1973 : Wine, Women and War, et The Solid Gold Kidnapping.

Pour info, l’épisode-pilote sera par la suite coupé en deux parties, et réédité en DVD sous cette forme avec les épisodes de la série sous le nom de The Moon and the Desert ; il en sera de même pour The Solid Gold Kidnapping. Ces deux épisodes n’ont jamais été distribués en France et sont donc uniquement disponibles en VO sous-titrée. L’épisode-pilote fourni pour la France sera finalement Wine, Women and War, traduit chez nous par Vin, vacances et Vahinés.

Série l'homme qui valait 3 milliards Bigfoot années 80

La particularité de Steve Austin est donc d’être en partie bionique, ce qui lui permet de sauter très haut ou de courir très vite grâce à ses deux jambes, d’avoir le bras gauche très résistant et capable de soulever des charges énormes, et de voir très loin grâce au zoom de son œil gauche. J’espère seulement qu’ils lui ont renforcé la colonne vertébrale sans nous le dire, sinon vous imaginez quand il veut soulever un poids énorme ? Le bras et les jambes tiennent le coup sous la charge, mais le tronc ? Enfin, trêve de considérations personnelles… Pour tous ces effets, il faut évidemment que les scénaristes trouvent des situations qui permettent de les mettre à profit. Mais surtout, il faut que ce soit impressionnant et reconnaissable. Et c’est ainsi qu’est trouvée l’idée du ralenti, et des fameux bruitages électroniques, pour souligner ces moments-clés des épisodes. Une idée qui est parfois inversée, plus fréquemment dans Super Jaimie : l’action est accélérée quand, par exemple, elle doit écrire son cours au tableau à toute vitesse en cachette de ses élèves. Curieusement, le spectateur accepte ces deux méthodes en fonction de la situation et elles deviennent la marque de fabrique des deux séries.

Aux USA, la série dure de janvier 1974 à mars 1978, soit 99 épisodes de 50 minutes répartis sur 5 saisons.
En France, elle est diffusée d’abord en partie sur Antenne 2 de 1975 à 1986, puis en 1986 sur la 5, qui diffuse des épisodes inédits jusqu’alors. Mais ceci entraîne un léger souci : certains épisodes sont doublés en français et d’autres en québécois, ce qui est un peu étrange quand d’un épisode à l’autre les voix des personnages changent ; mais bon, on s’y fait.

poupée Kenner l'homme qui valait 3 milliardsPendant qu’on parle du doublage, il y a une particularité amusante concernant la bionique. En anglais, le mot “bionic” se prononce “ba-i-onic”, en insistant bien sur le i. Du coup, impossible de doubler ce mot correctement en français, cela aurait donné un truc comme “bi-i-onique” et ça n’aurait pas été raccord avec le mouvement des lèvres. Alors, les doubleurs ont choisi de créer le mot “bio-ionique”. Ça n’existe pas, ça ne veut rien dire, mais ça a le mérite de coller avec la version anglaise !

Le générique français, inoubliable, est un thème instrumental créé par Oliver Nelson. À l’origine, ç’aurait dû être une chanson, créée par Glen A. Larson et chantée par Dusty Springfield : on peut l’entendre en génériques de début et de fin des épisodes Vin, vacances et Vahinés et The Solid Gold Kidnapping. Les producteurs lui ont préféré la version instrumentale, et je suis bien d’accord avec eux. Quant aux musiques qu’on entend pendant les épisodes, elles sont également d’Oliver Nelson mais aussi de Gil Melle.

La série aura tellement de succès que les produits dérivés seront innombrables, surtout les poupées Kenner, distribuées en France par Meccano, de Steve Austin, Oscar Goldman, Jaimie Sommers d’une part, et de Bigfoot et Maskatron d’autre part. J’ai un copain qui avait le Steve Austin : on plaçait son oeil derrière la tête de la poupée, et on voyait comme à travers un appareil photo… C’est vrai que ça ressemblait à la vision bionique de Steve… pour un gamin pas exigeant !

 

Les personnages


Steve Austin
Steve austin Lee Major années 80
C’est le héros ! Alors, il est beau, grand, très fort et (très) poilu, il a un regard d’acier (forcément : l’œil gauche), il protège les innocents et fait respecter la loi (euh… ah non, désolé : c’est RoboCop, l’autre cyborg, qui fait ça). Enfin bref : recruté par le gouvernement américain, pour le compte de l’OSI dirigé par Oscar Goldman, Steve devient un espion envoyé dans le monde entier pour déjouer les plans des méchants : savants fous mégalomanes, bandits de plus ou moins haut niveau, mais souvent puissances étrangères (surtout russes)… Dans d’autres épisodes, il va aider des gens de toutes sortes, même des extra-terrestres protégés par Bigfoot. Comme exemple plus précis, je me rappelle que dans un épisode, un petit gamin s’est fait renverser par un chauffard : l’enfant n’a rien mais le vélo est tout tordu. Steve arrive, prend le vélo et redresse tout le cadre grâce à son bras bionique. Le gamin n’en croit pas ses yeux mais il est su-per con-tent, vous imaginez !

Voilà, c’est ça un héros !
Blague à part, le personnage de Steve Austin est tellement positif qu’on ne peut pas s’empêcher de le trouver sympathique. Sa façon d’être (en dehors de toute considération bionique) et les messages qu’il porte sont toujours d’actualité. De plus, contrairement aux apparences, ce n’est pas un robot : il garde son libre arbitre dans certaines situations, et quand on lui ordonne de remplir une mission qui ne lui plaît pas, il n’hésite pas à le montrer ! Bref, c’est un modèle (mais moins quand il essaie la moustache dans la saison 4, les fans n’apprécient pas trop et il y renonce). Et ses capacités bioniques font rêver – pas seulement les enfants !


Lee Majors (1939-) n’en est pas à son coup d’essai quand il est retenu pour incarner Steve Austin dans L’homme qui valait trois milliards et dans quelques épisodes de Super Jaimie. Il a en effet déjà tourné dans quelques films et séries, notamment dans La Grande Vallée où il interprète Heath Barkley. Par la suite, il est Colt Seavers dans L’homme qui tombe à pic. Ensuite, il incarne à nouveau Steve Austin dans trois téléfilms : Mission bionique (1987), L’espion bionique (1989) et Mariage bionique (1994). On le retrouve après ça en second rôle en tant que Herman « Ski » Jablonski dans Raven. Toujours actif, il parodie Steve Austin dans une pub inoubliable pour IBM en 2005… Et figurez-vous que l’an dernier, en 2016, il a joué dans la saison 2 de la série comico-gore Ash vs Evil Dead, où il incarne le père d’Ash (il faut à tout prix voir la scène des retrouvailles entre Ash et son père, le clin d’œil est hilarant !)

Bref, j’espère que Lee Majors a encore de beaux jours devant lui et qu’on aura plaisir à le retrouver dans d’autres séries.

 

Oscar Goldman
Directeur de l’OSI (Office of Scientific Information), c’est lui qui a permis, en débloquant les 6 millions de dollars pour le programme “Cyborg”, que Steve soit “reconstruit”. C’est d’ailleurs lui qui, dans le générique, déclare ces mots mythiques : “Steve Austin, astronaute. Un homme tout juste vivant. Messieurs, nous pouvons le reconstruire. Nous en avons la possibilité technique. Nous sommes capables de donner naissance au premier homme ‘bio-ionique’. Steve Austin deviendra cet homme. Il sera supérieur à ce qu’il était avant l’accident. Le plus fort… Le plus rapide… En un mot, le meilleur !”

Oscar et Steve sont amis, en plus de leur relation patron/employé. Oscar se retrouve parfois en fâcheuse posture, par exemple kidnappé par un savant qui veut se venger, et qui le remplace par un androïde (son sosie parfait) pour accéder à des secrets d’état). Heureusement il peut toujours compter sur Steve pour le sauver.


Richard Anderson (1926-2017) a fait de nombreux films auparavant (notamment un contrat hallucinant avec la MGM, pour tourner 26 films sur 10 ans, entre 1949 et 1959 !) Le jour où je l’ai reconnu dans Planète Interdite (excellent film de science-fiction de 1956), je n’en revenais pas ! On l’a aussi vu dans de nombreuses séries, comme Zorro de Disney (il y incarne Ricardo Del Amo), Perry Mason (le lieutenant Steve Drumm) ou comme Lee Majors, La Grande Vallée. Bref, il a une belle carrière derrière lui quand il commence à jouer le rôle d’Oscar Goldman, rôle qu’il poursuivra dans le spin-off Super Jaimie.

Après ces deux séries-phares, on le verra faire une apparition dans quelques séries comme La croisière s’amuseDrôles de damesL’homme qui tombe à pic ou encore K2000. Hélas, Richard Anderson nous a quittés il y a moins d’un mois, le 31 août 2017 à 91 ans.

 

Rudy Wells

On en sait plus sur Rudy Wells dans le livre que dans la série. C’est un médecin exceptionnel, qui a presque un 6ème sens pour détecter les maladies de ses patients. Après une brève période en tant que médecin civil, il retourne exercer dans l’armée : c’est là qu’il devient le médecin personnel de Steve, lors du programme spatial, puis pour toutes les sorties en tant que pilote d’essai. Il considère Steve Austin comme son ami (ce qui est réciproque), voire comme son fils. C’est lui qui s’occupe de Steve pour le projet “Cyborg”, même si au départ il ne fait justement pas partie du projet ; au final il en sera le cœur, car sans lui Steve n’aurait pas survécu. Dans la série, il est toujours là, s’occupant des membres bioniques de Steve quand il faut les améliorer ou les réparer (hé oui, la bionique c’est résistant mais ça peut quand même casser). Il lui arrivera quelques aventures, comme lorsqu’un second homme bionique, créé au cas où Steve trouverait la mort dans une de ses missions, essaie de le tuer. Bref, s’il n’est pas toujours là, Rudy Wells est quand même un personnage essentiel.

Rudy Wells médecin série l'homme qui valait 3 milliards

Rudy Wells est joué par trois acteurs successifs : Martin Balsam (1919-1996) dans l’épisode-pilote ; puis Alan Oppenheimer (1930-) entre 1974 et 1975 ; et enfin Martin E. Brooks (1925-2015) de 1975 jusqu’à la fin. Je n’ai pas vraiment de préférence entre les deux derniers, mais dans l’épisode-pilote, on a droit un un nombre incalculable de plans sur le visage immobile et inexpressif de Martin Balsam et ça devient vite horripilant. Regardez la première photo ci-dessus pendant 10 secondes, et faites ça au moins 20 fois, et vous aurez une idée de ce que je veux dire.

Martin Balsam a joué entre autres dans PsychoseLe crime de l’Orient Express, ou Les hommes du président. On a vu notamment Alan Oppenheimer dans Little Big ManDans la chaleur de la nuitMondwest, et depuis les années 1970 il fait plutôt du doublage. Quant à Martin E. Brooks, il a repris le rôle de Rudy Wells dans les 3 téléfilms dont je parlais plus tôt, et on l’a vu dans Gunsmoke ou Mission Impossible.

 

Jaimie Sommers

Jaimie Sommers série l'homme qui valait 3 milliardsImpossible de parler de Steve Austin sans mentionner Jaimie – et du coup, je vais donner également des infos sur la série proprement dite. Au départ elle n’a rien de super : c’est une joueuse de tennis professionnelle, qui s’est hissée 5ème au classement mondial. Amie d’enfance de Steve, c’est une fois qu’il est revenu de la Lune qu’ils commencent une relation plus intime. Mais lors d’un saut en parachute, Jaimie s’écrase au sol : elle a les jambes et le bras droit brisés, et un important traumatisme crânien qui cause des dommages à son oreille droite. Steve, profondément amoureux d’elle, harcèle Oscar Goldman pour l’intégrer dans le programme “Cyborg”, seule chance de survie pour la jeune femme. Oscar cède et c’est Rudy Wells qui se charge de la “réparer”, tout comme Steve deux ans plus tôt. Après l’opération, Jaimie refuse d’accepter ce qui lui est arrivé, mais grâce au soutien de Steve (qui sait parfaitement par quels tourments elle passe et qui lui avoue qu’il a lui aussi subi les mêmes opérations), elle arrive à accepter sa condition de “première femme cyborg”. Hélas, alors qu’ils sont en train de planifier leur mariage, son corps commence à rejeter les implants bioniques, et elle meurt sur la table d’opération lors d’une opération de chirurgie pour tenter de la sauver.

— Argh ! —-

Rassurez-vous, c’est ce que tout le monde croit ! En fait, elle est cryogénisée le temps de trouver le caillot de sang responsable de sa mort. On relance son cœur et miracle ! elle revit, mais ce qu’elle vient de subir a causé des lésions cérébrales qui ont provoqué une “amnésie rétrograde”, autrement dit : elle ne se souvient plus des évènements récents (notamment son amour pour Steve). À partir de cet instant, elle devient institutrice sur la base aérienne de Ventura, et travaille occasionnellement pour Oscar et l’OSI. En fait, Oscar développe une attitude paternaliste envers elle, ce qui fait qu’il répugne à l’envoyer en mission de peur qu’il ne lui arrive quelque chose. Quant à Steve, il est d’abord effondré et ignorant de la “résurrection” de Jaimie ; quand il apprend tout ce qui s’est passé, il accepte à contrecœur de la laisser vivre sa vie, mais travaille avec elle lors de certaines missions, afin de développer une nouvelle amitié – voire plus – entre eux.

Dernier point : Jaimie a recueilli Maximillion, un berger allemand aux jambes et à la mâchoire bioniques (en fait, un cobaye pour expérimenter les membres bioniques avant de les tester sur Steve ; il est appelé ainsi parce qu’il a coûté 1 million de dollars !) Ce chien – que tout le monde appelle Max – l’accompagne dans certaines de ses aventures.

Jaimie Sommers Steve Austin série l'homme qui valait 3 milliards

L’idée du personnage de Jaimie est venue aux scénaristes alors que l’audience de L’homme qui valait trois milliards déclinait. À l’origine, elle ne devait apparaître que dans un double épisode et mourir, mais à la suite de l’avalanche de courrier des fans, la production n’a pas le choix et doit la ressusciter, ce qui n’était pas prévu ! La cryogénisation est l’explication “officielle” pour lui permettre de survivre. Et pour qu’elle ne se marie pas avec Steve Austin et puisse avoir des missions bien à elle, on la rend amnésique.

C’est ainsi que sa propre série, The Bionic Woman (Super Jaimie en français), est créée. 

Jaimie dispose des mêmes capacités bioniques que Steve, mis à part son ouïe améliorée à la place de la vue. Cependant, étant un peu plus récente, elle court un tout petit peu plus vite. En contrepartie, il me semble qu’elle prend un malin plaisir à sauter de trop haut, ce qui fait qu’elle se casse les jambes et qu’on la répare un peu plus souvent que lui !

La série dure de 1976 à 1978, soit 58 épisodes répartis en 3 saisons. Le générique de début est composé par Jerry Fielding (mais est plus tard remplacé par celui de fin de Joe Harnel). Curieusement, elle est arrêtée en même temps que L’homme qui valait 3 milliards, alors qu’ils ne sont pas sur la même chaîne et n’ont pas les mêmes audiences. On the Run (Adieu la liberté), le dernier épisode de Super Jaimie, est censé être un épisode concluant les deux séries.

Lindsay Wagner Super Jaimie années 70En France, Super Jaimie est diffusée en partie sur Antenne 2 de 1976 à 1978, puis en 1986 sur la 5, qui en profite là aussi pour diffuser la totalité des épisodes. Comme pour L’homme qui valait 3 milliards, le doublage est en partie français et en partie québécois. Allez, je ne résiste pas au plaisir de vous donner le lien vers le générique, lui aussi inoubliable.

Lindsay Wagner (1949-) était à l’origine mannequin. Elle se fait remarquer notamment grâce à plusieurs rôles dans la série Docteur Marcus Welby avant qu’on lui donne le rôle de Jaimie Sommers. On la voit ensuite dans de nombreux téléfilms (sans compter les trois cités précédemment), quelques séries (L’homme qui tombe à picWarehouseNCIS) et quelques films (Les faucons de la nuit, avec Sylvester Stallone et Billy Dee Williams). 

Et le chien ? Ben, au départ, il était question qu’il ait lui aussi sa propre série, et qu’il soit en permanence affecté à un garde-forestier ami de Jaimie : ç’aurait été The Bionic Dog, mais je ne vous le traduis pas parce que 1/ c’est facile à deviner et 2/ ça n’a jamais été fait, on a préféré le laisser avec Jaimie et le faire apparaître plusieurs fois. Le nom du vrai chien qui jouait Max est Bracken.

 

Conclusion

Voilà une série (enfin, deux) qui ont marqué tous les enfants, et les plus grands, quand elles ont été diffusées en France. Comme pour Star Trek, il a fallu attendre l’arrivée de La Cinq pour enfin les apprécier en totalité, vu que les chaînes antérieures étaient frileuses et ne diffusaient pas l’ensemble des épisodes. Encore aujourd’hui, c’est tout à fait regardable, si on accepte quelques concessions. Et puis le thème du super-héros a toujours été porteur, surtout actuellement avec la vague de films Marvel et DC ; et après tout, qu’est-ce que la bionique, sinon le super-héros fabriqué par l’homme ?

Personnellement, j’ai acheté les coffrets des 5 saisons de L’homme qui valait 3 milliards, et j’ai passé un très agréable moment (seuls quelques épisodes, visionnés à notre époque, provoquent un sourire indulgent et la pensée “N’importe quoi !”). Je pense qu’un jour, pour le plaisir d’avoir la totale, je prendrai également les 3 coffrets de Super Jaimie, tant que les coffrets en question sont de bonne qualité et pas une simple cloche à DVD comme proposé en ce moment. Les deux personnages restent aussi sympathiques de nos jours qu’il y a quarante ans, même dans les téléfilms tournés par la suite, et je vous conseille particulièrement Mariage bionique où Steve découvre qu’il a eu un fils avec Jaimie des années plus tôt… 

 

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