Le Tour du Monde en 80 jours ! (Récré A2 / 1983)

En cette fin d’année, si on vous offrait un petit tour du monde plutôt qu’une fin du monde ?? Si ça vous tente, nous allons vous conter une belle histoire, un roman joliment converti en un dessin animé que nous sommes nombreux à avoir suivi !

 

Car à la suite d’un pari insensé, le héros, Philéas Fogg, devra boucler un Tour du Monde avant le 21 décembre à 20h00 ! Allez, en route !

 

Le Tour du Monde en 80 jours est le dessin animé tiré du célèbre roman de Jules Verne, paru en 1872, et issu de la célèbre saga des Voyages Extraordinaires. Cette saga comporte de grands classiques de la littérature française, tels que 20 000 lieues sous les Mer, Cinq semaines en ballon, De la Terre à la Lune, etc … Quelques romans furent adaptés pour la télévision (série, téléfilm, dessins animés), à l’instar de “Michel Strogoff”. Mais c’est sans doute le DA “Le Tour du Monde en 80 jours” qui a le plus marqué notre génération, au point d’être (presque) aussi réputé que le livre !

 

Le dessin animé se montre fidèle à l’oeuvre de Jules Verne. Les caractères des personnages sont fidèlement reproduits, et les faits sont bien relatés, même si bien entendu on est dans un dessin animé pour jeunes enfants, et que plusieurs passages humoristiques ont été ajoutés aux péripéties de nos héros (j’imagine mal les protagonistes du roman entamer des danses endiablées pour passer le temps :p).

 

A partir du paragraphe suivant, je ne parlerai donc plus du livre pour me consacrer au dessin animé : ne vous étonnez donc pas que certains personnages ou étapes du voyage ne figurent pas dans le livre. N’hésitez pas à le commander et à le bouquiner pour les fêtes, ça vous changera des jeux à la noix sur smartphone.

 

Nous sommes donc le 2 octobre 1872. Philéas Fogg, un richissime gentleman anglais, engage un nouveau majordome pour tenir sa maison. Ce majordome, nommé Passepartout, est bien heureux de trouver un poste stable, et de se fixer après plusieurs années passées sur les routes, dans une troupe de cirque.

 

Comme chaque jour, Philéas Fogg se rend au Reform Club, un endroit select où des riches côtoient d’autres riches pour devenir encore plus riches. Il y discute comme à l’accoutumée avec ses pairs, hommes d’affaires, banquiers, notables … La conversation aborde vite le gros titre du journal du jour : avec la nouvelle liaison offerte par le Canal de Suez, il est désormais possible d’effectuer un tour du monde en 80 jours, grâce aux performances technologiques toujours plus poussées des moyens de transport.

 

La discussion devient passionnante, et passionnée, et Philéas Fogg, sûr de son fait et fasciné par le sujet, s’enflamme et se met à parier la moitié de sa fortune, soit 20000 livres, qu’il peut réussir cet exploit. Il rentre ainsi immédiatement à son domicile, et donne la consigne à Passepartout de préparer les valises. Le tour du monde est lancé, ils devront être de retour 80 jours plus tard, soit le 21 décembre à 20h, pas une minute de plus.

 

Le même jour, un malheureux fait divers se produit : la banque de Londres se fait cambrioler. Et malheureusement, bien que Philéas Fogg soit totalement étranger à l’affaire, le portrait robot du suspect ressemble à s’y méprendre au lord britannique.

 

Aussitôt, Scotland Yard dépêche 2 de ses agents aux trousses de Fogg, Fix et Bully. Ne pouvant l’arrêter avant son départ, ils le suivront alors dans son tour du monde, avec pour objectif de le coincer dans un territoire britannique (et oui, nous sommes encore à l’époque des colonies !).

 

Mais ces deux enquiquineurs ne seront pas le seul obstacle à la réussite de ce pari audacieux : l’infâme Transfert est engagé par Sullivan pour saboter ce voyage, et tenter de le retarder au maximum. Sullivan, qui n’est autre que le propriétaire de la banque cambriolée, mais également un de ceux qui a parié 5000 livres contre Fogg.

 

S’ensuivra alors une course folle contre le temps au cours de 26 épisodes haletants. Train, ballon, bateau, voiture, traîneau … tous les véhicules disponibles seront utilisés au gré des paysages et des contrées, pour permettre à Fogg, Passepartout et leurs amis de gagner leur pari, tout en évitant les pièges de Transfert, de Fix et de Bully.

 

Les épreuves seront nombreuses, mais Fogg saura compter sur une charmante rencontre en la personne de Romi, une princesse indienne dont il tombera immédiatement amoureux. Passepartout, lui, sera accompagné de son fidèle Tico, un petit compagnon aimable et rigolo.

 

L’originalité visuelle du dessin animé est que tous les personnages sont représentés par des animaux qui ont des postures et des attitudes humaines (on parle d’anthropomorphisme), comme dans Sherlock Holmes ou Les Trois Mousquetaires. Ainsi, Philéas Fogg est un Lion, Passepartout un chat, Romi une panthère, et les détectives Fix et Bull des chiens. L’adoption de personnages aux traits animaliers permet de dédramatiser les attitudes humaines détestables , et ainsi de faire passer la pilule au jeune public, en leur montrant que ok, certaines pratiques ne sont pas jolies-jolies, mais qu’au final, rien ne peut arrêter l’amitié et la solidarité.

 

 

Les personnages :

 

Philéas Fogg : c’est bien entendu le principal protagoniste de l’histoire. En 80 jours, il doit faire le tour du monde. Aventurier, gentleman joueur, un tel pari ne lui fait pas du tout peur. Le premier qui ose dire que je me sers du générique pour rédiger mes bafouilles sans trop me fouler se prend une baffe ! ^^

 

 Riche lord pourtant très casanier et pantouflard, il n’aime sortir de chez lui que pour rejoindre son club. Et pourtant, sa fascination pour les sciences et les promesses de la révolution industrielle lui feront tenir ce pari un peu fou : faire le tour de la planète en moins de 3 mois. Droit, intègre, loyal et généreux, il regroupe à peu près toutes les qualités possibles chez un homme de son rang.

 

Passepartout : le majordome de Philéas Fogg, embauché juste avant de partir dans ce périple infernal. D’origine française, il a longtemps travaillé dans le monde du cirque, ce qui lui donnera une aisance incroyable lors des combats et des courses poursuite avec les ennemis. Engagé pour être simple domestique, Passepartout deviendra autour de la planète le véritable bras droit de Philéas Fogg, tour à tour garde du corps, homme de main, confident.

 

Tico : c’est l’ami de Passepartout, l’ancien compagnon de cirque qui l’a suivi dans sa nouvelle vie qu’il pensait de tout repos. Tout petit, tout aussi rigolo qu’inutile, il joue le rôle de la mascotte qui déride tout le monde et apporte la bonne humeur quand les esprits sont maussades. Il a à peu près la même utilité que Poochie le p’tit chien blanc de Belle et Sébastien : il sert pas à grand chose, mais on rigole bien quand il fait des siennes. A noter que les trois quarts de ses prises de paroles sont soit pour raconter une ânerie, soit pour dire qu’il a faim.

 

Romi : ravissante princesse hindoue, qui sera sauvée d’une mort certaine par Fogg et Passepartout lors de leur passage aux Indes. Fille de marchands bourgeois, elle fut forcée d’épouser un vieux Maharadja à la mort de ses parents. Quand ce vilain tyran trépassa à son tour, la tradition (véridique) des Indes voulait que sa veuve l’accompagne sur le bûcher pour son dernier voyage, et se fasse incinérer avec lui, même si elle est encore tout ce qu’il y a de plus vivante ! Révolté par cette injustice, Fogg se débrouillera pour la sauver … Débutera alors une magnifique histoire d’amour entre nos deux tourtereaux … qui ne s’avoueront leurs sentiments que lors du dernier épisode

 

Fix et Bully : ce sont les deux agents de Scotland Yard lancés aux trousses de nos amis. Soit disant parmi les meilleurs des meilleurs … dans ce cas, je suis curieux de vérifier le niveau des autres ! ^^ Ils composent un duo assez pathétique, à la fois bête et méchant, mais au final avec un bon fond.

 

Tout d’abord Fix, le chef. Lui c’est le méchant, prêt à tout pour passer les menottes à Philéas Fogg, même sans preuve, sur la simple base de rumeurs. Bully, c’est le bête : gros pataud qui s’exprime difficilement, il est aussi maladroit que touchant dans cette course poursuite. C’est mon personnage préféré, j’adore l’entendre parler avec sa grosse voix maladroite !

 

Sullivan : riche anglais, habitué du Reform club, il ne conçoit pas possible de faire le Tour du Monde en 80 jours, et parie ainsi 5000 livres avec Philéas Fogg. Propriétaire de la banque qui se fait cambrioler lors des premiers épisodes, il engagera le machiavélique Transfert pour pourrir le voyage de nos amis, et faire en sorte qu’ils échouent.

 

Transfert : c’est donc lui le vilain pas beau de l’histoire !! Engagé pour ruiner les espoirs de Philéas Fogg, il déploiera des trésors de ruses et de manigances pour arriver à ses fins. Il est prêt à tout, son principal atout réside dans l’art de la métamorphose et du déguisement. Et de ce côté-là, faut reconnaître qu’il a explosé le budget de la prod avec ses stratagèmes !! 😀

 

Il arrivera ainsi à se faire passer pour n’importe qui, créant quiproquos et situations délicates qui mettront nos héros au mieux en retard, au pire au péril de leur vie. Qu’il soit déguisé ou non, on le reconnaît facilement à son oeil qui luit en faisant un bruit strident dès qu’il réfléchit à un plan machiavélique. Brrrr !!!

 

Voila pour la présentation des personnages principaux. Le déroulement des épisodes est toujours le même : chacun commence par une scène à Londres. On y voit souvent la foule s’enthousiasmer à distance pour Fogg et ses aventures, relayés par les journaux, et parier allègrement sur sa réussite ou son échec. On peut également voir comment réagissent les “amis” de Philéas Fogg, ceux qui ont parié pour ou contre lui. Nous rejoignons ensuite nos aventuriers dans le pays où ils se trouvent, et l’on y découvre les paysages ou les villes traversés.

 

Parfois, on en apprend un peu plus sur les traditions ou les caractéristiques de tel ou tel pays. Mais en général, cette séquence “Découverte” ne dure pas, les les héros étant ramenés à la dure réalité : la course contre le temps, et le meilleur moyen de franchir ces milliers de kilomètres par les airs, les mers et les routes.

 

Fogg y est toujours gentleman, réfléchi et intelligent. Romi se révèle un excellent soutien, et même d’une aide précieuse quand elle se sert de ses dons de médecine pour sauver ceux qui croiseront leur route. Et Passepartout et Tico se montrent d’une loyauté et d’une fidélité indéfectibles envers Fogg.

 

Et tout ce petit monde gardera quasiment toujours sa bonne humeur, se faisant de nombreux amis durant ce périple, et n’hésitant pas à aider les personnes qu’ils rencontreront. Et ce malgré les coups durs provoqués par l’infâme Transfert : un pont de chemin de fer qui s’effondre, un bateau qui brûle, des équipements sabotés … Mais malgré tout, ce qui ressort de ce dessin animé, c’est un optimisme débordant ! Même quand la situation est désespérée, lorsque tout va mal, nos amis ne perdent jamais espoir, et n’hésitent pas à entamer une petite danse, en entraînant les autres passagers !

 

C’est ce qui rend le dessin animé si attachant ! Jamais Fogg et ses amis ne s’apitoient sur leur sort, ou on n’y croise une scène dramatique qui nous arracherait des larmes (suivez mon regard …). Au final, les 26 épisodes se regardent sans se forcer. ça passe même vite, bien plus vite que d’autres dessins animés où les rebondissements tournent toujours au mélodramatique (continuez de suivre mon regard …) Cette fraîcheur et cette innocence fait plaisir à voir, et rend ce dessin animé des plus agréables !

 

Conçu par le studio espagnol BRB avec Nippon Animation, “Le Tour du Monde en 80 jours” fut diffusé en France dès 1983 dans Récré A2. Bien sûr, il fut rediffusé plusieurs fois lors de notre enfance. Preuve de son intemporalité, on put même le voir diffusé jusqu’à la fin des années 2000 dans Midi les zouzous !

  
Destiné avant tout à un (très) jeune public, ce dessin animé a eu droit à quelques produits dérivés, comme de jolies peluches toute douces, des masques, des puzzles, des pouets et figurines PVC. Sans oublier bien sûr le 45 Tours classique interprété par Michel Barouille.

 

Le coffret DVD est très facile à trouver pour pas cher du tout. Si vous voulez un peu d’aventure, un peu d’humour et de la tendre innocence propre à notre enfance, ne vous privez pas de ce tour du monde !


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